Vos ados parlent aux IA : My AI, Meta AI et les compagnons intégrés
Vos ados ne téléchargent pas l'IA : elle est déjà dans leurs applications
Quand j'analyse un téléphone dans le cadre de mes fonctions, je n'y trouve pas que des messages ou des photos. De plus en plus, j'y trouve des conversations entières avec des intelligences artificielles. Et certaines sont édifiantes.
Un autre usage du téléphone s'installe, bien plus discret : les ados se sont mis à parler aux IA. Ils ne vont pas chercher une IA quelque part — elle est déjà là. Ils parlent à My AI dans Snapchat, à Meta AI dans Instagram et WhatsApp. Des intelligences artificielles glissées directement dans les applications qu'ils utilisent déjà, tous les jours.
« Chez nous, l'IA, c'est interdit »
C'est là que la plupart d'entre nous se font piéger. On me dit souvent : « Chez nous, l'IA, c'est interdit. » Dans nos têtes, l'IA c'est ChatGPT, une application à part qu'on peut refuser de télécharger. Sauf que si votre enfant a Snapchat ou WhatsApp, il a déjà une IA. Elles ne se téléchargent pas, elles sont intégrées aux applications qu'il utilise déjà. On croit fermer une porte, alors qu'on en a laissé d'autres grandes ouvertes.
Ces IA ont un âge minimum
Comme pour les réseaux sociaux, ces IA ont un âge minimum. La plupart fixent la barre à 13 ans, avec accord parental jusqu'à 18 ans. Certaines vont même plus loin : Claude, l'IA d'Anthropic, est réservée aux 18 ans et plus. Quand l'éditeur lui-même écarte les plus jeunes, ce n'est pas anodin. Pourtant, peu de familles le savent. Encore moins le vérifient.
Un outil pour les devoirs… et parfois un confident
Une étude de Common Sense Media montre que près de 3 ados sur 4 ont déjà utilisé un compagnon IA, et plus de la moitié régulièrement. Les devoirs, oui. Mais pas seulement. Un sur trois a préféré parler à une IA plutôt qu'à un humain pour une conversation sérieuse. Un quart lui a confié des informations personnelles.
Et les chercheurs alertent : ces outils ne sont pas conçus pour accompagner un ado en détresse, et passent souvent à côté des signaux de mal-être. Une IA ne juge jamais, ne dort jamais, ne dit jamais « pas maintenant ». Pour un ado seul à minuit, c'est exactement ce qui la rend attirante — et exactement ce qui doit nous alerter.
Mon conseil : comprendre avant d'interdire
Ne cherchez pas d'abord à interdire, cherchez à comprendre. Demandez à votre enfant s'il parle à une IA, laquelle, pourquoi, ce qu'il lui raconte. Ce n'est pas toujours un simple outil pour les devoirs. C'est parfois devenu un confident. Et ça, il faut en parler.
Où trouver de l'aide
- 3018 — Association e-Enfance : gratuit, anonyme, 7j/7 de 9h à 23h, par téléphone, par tchat et via l'application 3018.
- PHAROS — le signalement du ministère de l'Intérieur : internet-signalement.gouv.fr.